distribution à Suha

Activités de l'association

Voyage du 8 au 16 juillet 2000 : visite des camps de réfugiés

Chronologie | Les camps | Nos impressions

Sadija OMBASIC et Nanou ROUSSEAU

Chronologie

Samedi 8
Départ de Villeneuve d'Asq (Nord) à 7 h. Le car transite par Paris (Porte Maillot à 10 h 30) et Stuttgart (20 h) pour prendre de nouveaux passagers.
Dimanche 9
Arrivée au camp de Tinja vers 19 h. Retrouvailles avec les familles qui nous avaient accueillis l'année dernière, répartition dans les familles, installation, dîner. Réunion à Tuzla avec les responsables d'associations des femmes de Srebrenica. Prise de contact et cadrage des manifestations des prochains jours Pour l'instant, aucune réunion avec d'autres associations n'a été envisagée. Nous apprenons que l'ambassadeur des Etats Unis, M. Miller, a décidé de participer à la commémoration à Potocari. IL est probable que d'autres personnalités suivraient. 15 bus ont été acceptés par la Republika Srpska mais 65 bus devraient pouvoir se rendre à Potocari.
Lundi 10
Réunion générale avant de partir à Tuzla. Après-midi aux camps de Mihatovici et Grab Potok. Forte émotion lors de la découverte du camp de Grab Potok.
Mardi 11
Réveil à 5 h 15, départ à 6 h 30. Premier arrêt à Tuzla où nous retrouvons une partie du convoi de bus. Nous complétons le nôtre par des personnes bosniaques qui n'ont pas de places.
Jeudi 13
Nous organisons un repas pour toutes les familles du camp de Tinja. Le soir, pièce de théâtre "Requiem pour Srebrenica" de Olivier Py. Les femmes de Srebrenica sont présentes. Malgré quelques incidents techniques concernant un dispositif de sous titrage, les actrices Anne Bellec, Irina Dalle et Frédérique Ruchaud venues jouer gracieusement pour les femmes, ont remarquablement su, par leur talent et la sobriété de leur interprétation incarner ce témoignage brûlant et original. A noter la présence des coauteurs, Olivier Py et Philippe Gilbert, et d'autres personnalités telles que l'adjoint au maire de Srebrenica, le Directeur de centre culturel de Tuzla, Ismet Kodzaga, et Amir Kuglagic le vice-ministre pour les personnes déplacées, le Maire de Srebrenica et Abdurahman Malkic entre autres.
Vendredi 14
Journée à Sarajevo. Départ à 7 h 30, il faut 3 heures de route. Rendez-vous à 18 h dans les jardins du musée pour la réception donnée par l'Ambassade de France.
Samedi 15
Départ, sous la pluie, à 7 h. Route très embouteillée.
Dimanche 16
Arrivée à Paris à 18 h et à Villeneuve d'Asq à 20 h 30.

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Les camps

Les camps visiteés par le groupe sont situés dans la région de Tuzla. Nous avons visité 6 camps regroupant environ 3 400 personnes. Il faut noter que dans cette région, on compte environ 150 000 personnes réfugiées regroupées dans une quarantaine de camps, h bergées dans des structures équivalentes à celles rencontrées lors de ces visites. Voici la liste des camps :

La première constante à tous les camps est l'incroyable éloignement et les difficultés d'accès. Pour certains, il a même été nécessaire de descendre du véhicule et de finir la route à pied pour accéder au camp, tant le chemin était défoncé. D'autres ne sont accessibles qu'après une longue route en montagne ou en forêt (Mihatovici ou Grab Potok). Cet éloignement ne permet pas l'intégration des personnes du camp à la vie de la région ou à celle de la ville la plus proche et pose de gros problèmes pour la scolarisation des enfants, obligeant soit à avoir une école sur place ce qui risque de renforcer l'isolement, soit à avoir recours à un transport vers la ville ce qui est compliqué et onéreux. Ceci est le cas pour la majorité des camps, tous au moins équipés d'une ou deux classes primaires.

La seconde constante, mais comme dans beaucoup d'endroits en Bosnie, est le manque d'eau. Les habitants n'ont pas l'eau courante. Les personnes doivent se ravitailler à une fontaine ou à quelques robinets délivrant une eau non potable. Certains camps n'ont même pas l'eau courante et sont ravitaillés par camions citerne. Le responsable du camp de Grab Potok nous a ainsi demandé une pompe.

S'ajoute aussi le problème des communications. Nulle part nous n'avons remarqué de téléphone. Seuls, les responsables des camps peuvent en bénéficier. C'est un énorme handicap tant seulement sur le plan social, que sur le plan économique.

La présence de beaucoup d'enfants sans activités précises, notamment en période non scolaire, et surtout sans perspective d'avenir est un élément très préoccupant pour tous les responsables des camps. Il serait par ailleurs intéressant que le camp puisse offrir une initiation en informatique à la maison des jeunes où se déroulent de nombreuses activités sportives et culturelles. Nous lui demandons un projet avec des objectifs précis.

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Nos impressions

Les jeunes nous ont fait une forte impression et certains membres du groupe qui avaient déjà fait le déplacement l'an dernier ont pu mesurer les progrès en matière de communication et notamment de la langue anglaise.

Par contre, en ce qui concerne les adultes, il faut noter une impression de découragement et de fatalisme. Même si beaucoup disent vouloir rentrer chez eux (en Republika Srpska), on sent qu'au fond d'eux-mêmes, ils n'y croient plus. Le manque d'eau est un handicap énorme.

La question qui se pose est donc de savoir comment aider toutes ces familles à retrouver une vie "normale" ou en tous cas leur permettant de vivre dignement et de manière indépendante. Pour le moment, elles ne reçoivent aucune aide du Gouvernement bosniaque, ni des structures officielles internationales (HCR ou ONU par exemple). Leurs seules ressources viennent des ONG qui, comme Mères pour la Paix, SSVDS, etc. n'ont jamais cessé de les aider et de les soutenir.


© SSVDS - 8 IV 2003 - Haut de page